Du consommateur au «consom’acteur».
Les «Consom’acteurs» représentent aujourd’hui environ 20% de la population française.
Qui sont-ils ?
• Ils achètent d’abord un usage, un produit naturel, sain et non polluant avec des garanties, une part de rêve avec une histoire vraie, un produit de sens qui les concernent, les relient aux
autres, duquel ils se sentent proches.
• Ils veulent connaître : les conditions de fabrication du produit, l’origine des matières premières, ses impacts environnementaux, sociaux et éthiques, les valeurs et comportements de
l’entreprise qui le produit.
Selon une étude Ethicity réalisée en février 2008, les Français sont de plus en plus sensibles à la notion de développement durable. En effet, 90% d’entre eux connaissent l’expression développement durable (+13 pts/2006, +36 pts/2004) ; les ¾ reconnaissent la nécessité d’agir et quasiment tous ont une attente forte d’information sur ce thème. Mais on observe de grandes disparités selon les profils de consommateurs (les plus sensibles étant les CSP+, ayant plus de 50 ans), et deux freins à l’achat majeurs qui persistent, le prix et le manque d’information.
L’illustration des produits issus de l’agriculture biologique, des produits issus du commerce équitable, des produits sous signe officiel d’identification de la qualité et de l’origine :
Selon un récent sondage IFOP, 68% des Français trouvent qu’on leur propose des produits trop sophistiqués qui ne
correspondent pas vraiment à leurs besoins ou leurs attentes. La crise économique a été révélatrice et accélératrice de nouveaux équilibres à trouver. Le sentiment d’interdépendance (on est
touché par ce qu’on ressent, la pollution, la santé, la sécurité des employés…) et la prise de conscience que les achats sont un moyen d’agir sur l’emploi et l’environnement modifient le profil
type du consommateur.
Tout ceci s’est traduit par une réflexion sur «qu’est ce qui est essentiel et important pour soi et les autres», un recentrage, une consommation du «moins» au «autrement», plus raisonnée, un
besoin accru de réaliser des achats porteurs de sens. Concrètement, les consommateurs redécouvrent les circuits courts (vente à la ferme, etc.), achètent un service et non uniquement un produit
et préfèrent les produits durables, réparables et la proximité.
Les enjeux pour l’agriculture et l’agroalimentaire.
Si pendant des années l’image des agriculteurs n’a pas été positive et les classait souvent au premier rang des
pollueurs, elle s’est largement améliorée ces dernières années.
Selon une étude IPSOS et Aviva Opinion Way réalisée en 2007, les perceptions et attentes des consommateurs vis à vis de l’agriculture sont plutôt favorables. En effet, en 2007, 80% des Français
déclaraient faire confiance aux agriculteurs en matière d’environnement. En revanche, 60% estimaient être mal informés des bonnes pratiques agricoles et souhaitaient être informés (95% jugeant
les informations utiles, 42% les jugeant indispensables).
Malgré ces méconnaissances, l’agriculture et les agriculteurs bénéficiaient globalement d’une bonne image. Une bonne
image sur laquelle les agriculteurs doivent capitaliser. Ils doivent aujourd’hui plus que jamais valoriser leurs pratiques en faveur de l’environnement.
Par ailleurs, le secteur alimentaire est un de secteurs pour lequel les Français sont prêts à consommer plus souvent de manière plus «responsable» (juste après l’eau/l’énergie).
Tout l’enjeu réside aujourd’hui dans l’information et l’accessibilité prix.
Les consommateurs recherchent de plus en plus à acheter un produit local, responsable («fabriqué localement afin de favoriser les économies de transport ou le développement de l’emploi local»). Mais ils cherchent aussi plus de clarté et de transparence dans les informations qui sont fournies.
Le foisonnement de labels et d’indicateurs ou cautions ne facilite pas le repérage dans cet univers déjà complexe à l’origine. Ce besoin d’informations porte notamment sur l’origine des matières premières, la garantie environnementale de production, l’éventuel impact sur le réchauffement climatique, le lieu exact de fabrication, la garantie sociale de production, la répartition de la valeur/du prix. Le tout bien entendu sur un ton de plaisir !
En effet, tout comme la communication sur la nutrition, la communication sur les produits «responsables» doit éviter
certains écueils : les grands principes et les bonnes intentions, le jargon et les sigles, l’utilisation de termes tels que «développement durable» (trop compliqué, galvaudé), le ton trop
pédagogique/enfantin, le global quand on se situe à un niveau local.
Sans oublier que l’éducation à une consommation plus «responsable» se fait dès le plus jeune âge, à l’école.
Améliorer les pratiques et dire ce que l’on fait dans le sens du développement durable semble être le seul mot d’ordre pour retenir le choix des nouveaux consommateurs qui doivent arbitrer dans un marché ultra concurrentiel où certains produits plus industriels se limitent à un emballage estampillé «greenwashing».